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Pauline Paquin
Le
monde de l’enfance
Ce que Pauline Paquin
aime avant tout ce sont les enfants. Et cet amour est la flamme qui
alimente son autre passion: la peinture. Rien ne la fascine plus que
d’observer les enfants dans leurs jeux, que d’échanger avec eux, que de
s’intéresser à ce qu’ils ressentent. Témoigner des beautés de l’enfance
dans un tableau est ce qui l’enchante le plus.
Douée d’un talent naturel
pour le dessin, talent qu’elle croit tenir de sa mère, très jeune
encore, elle développe cette aptitude. Voulant parfaire sa culture
personnelle, son goût pour la peinture l’amènera plus tard à suivre
quelques cours d’arts plastiques. Mais c’est au contact de Marcel
Fecteau, paysagiste bien connu, qui fut un temps son voisin, que sa
carrière prendra son essor. Voyant son intérêt, celui-ci lui donne un
jour un livre qui traite de dessin et de peinture et, pour encourager
ses premières tentatives, lui prodigue aussi quelques conseils.
Habileté et sens de
l’observation la font progresser rapidement. Puis un jour, voyant une
toile créée par Fecteau où apparaissent des enfants sortant de l’école,
survient l’impulsion qu’elle qualifie de magique, cet instant où elle
décide de peindre l’enfance.
Chez Pauline Paquin, que
le paysage soit campagnard ou urbain, qu’il soit d’une beauté et d’une
qualité telles qu’il pourrait constituer en lui-même l’essentiel de
l’œuvre, celui-ci n’est en fait que le prétexte pour représenter des
enfants, des enfants qui s’amusent, des enfants heureux.
D’où lui vient donc
l’inspiration pour la composition de telles scènes? «Je fréquente les
endroits où il y a des enfants. Mes premières idées me sont venues de
mes propres fils, de leurs rires, de leurs ébats, de leur habillement
aussi. Encore aujourd’hui, comme l’hiver est l’occasion de toutes sortes
de festivals ou de carnavals, je me rends sur les lieux de ces
festivités et j’en profite pour prendre beaucoup de photos des bambins.
J’explore aussi, caméra à la main, les villages, les ruelles et les
moindres recoins. Ensuite en y ajoutant des éléments tirés de mon
imagination et de mes souvenirs, j’invente le décor où des petits
bonshommes et des petites bonnes femmes deviendront les acteurs. Ainsi,
comme je l’ai déjà fait, je peux transformer en dépanneur de Montréal un
édifice de Calgary.»
Pauline Paquin poursuit:
«Si je puise dans mes souvenirs, je mets aussi à profit l’observation de
la réalité de tous les jours, comme cette fois où j’ai aperçu par ma
fenêtre deux fillettes qui, dansant à la corde sur le bord de la rue,
avaient attaché celle-ci au poteau du panneau de signalisation. J’ai
trouvé ceci assez original pour insérer cette scène dans la toile
suivante que j’ai réalisée. En fait, cette situation ressemblait
exactement à ce que je veux recréer, non pas la nostalgie d’un époque
révolue, mais un théâtre du quotidien où s’affichent la spontanéité, le
mouvement, la vitalité et l’humour.»
À voir le résultat, il
n’y a pas lieu de douter que l’artiste soit une femme appliquée et
méticuleuse, comme elle se qualifie elle-même. Pour y mettre autant de
soin et de souci du détail (remarquez l’impressionnante garde-robe des
petits chérubins), celle-ci doit travailler beaucoup et avec rigueur et
discipline. Mais quel enchantement que de découvrir, à chaque nouveau
coup d’œil à un tableau, un élément que l’on n’avait pas remarqué
précédemment.
Pauline Paquin poursuit
inlassablement la recherche; elle affirme qu’elle ne laisserait jamais
une toile quitter son atelier si elle ne pouvait en être fière. Chaque
nouvelle œuvre qui constitue toujours un défi est le fruit d’une
exploration constante et de l’expérimentation de techniques mixtes qui
associent peinture à l’huile, textures avec du papier et collages.
Tout ce cheminement
artistique s’est réalisé avec le support constant et inconditionnel de
son mari et associé, Normand Paquin. L’artiste affirme que celui-ci fut
non seulement son premier fan mais aussi celui qui, contre vents et
marées, l’a toujours soutenue et encouragée à poursuivre et pousser plus
loin sa vision personnelle.
Elle souligne aussi
qu’elle n’aurait pu connaître autant de succès sans son association avec
les gens de Multi Art qui, depuis environ vingt ans, ont su reconnaître
son talent et lui ont permis d’exposer dans les plus prestigieuses
galeries au Québec et au Canada.
Sans doute est-ce grâce à
tout ce soutien que Pauline Paquin manifeste toujours autant de plaisir
à peindre. Pour s’en convaincre, il faut l’entendre parler de son art,
il faut comprendre comment elle souhaite donner à un tableau un air
charmeur, agréable à regarder. Ses plus grandes satisfactions: voir
sourire le spectateur, apporter la joie non seulement à ceux qui feront
l’acquisition d’une toile, mais aussi à tout ceux qui la verront.
Je vous souhaite de
rencontrer
Pauline
Paquin pour constater combien l’enthousiasme et la vivacité qui
l’habitent la rapprochent passablement de l’âme et de l’âge de ses
jeunes acteurs…
Laissez-vous prendre au
jeu! Retournez en enfance!
Michel Beauchamp,
février 2005

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