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Le
peintre qui traverse en héros « les demeures » ou « les âges » de
l’ascension vers la notoriété est toujours celui qui impose son style à
son temps, sans jamais sacrifier à son authenticité, à son intériorité,
à sa spécificité.
Le
peintre qui se réfugie dans la solitude de son atelier et joue avec ses
phantasmes, ses exaltations et ses angoisses, pour les projeter sans
concession sur la toile, a plus de chance d’émerger de ses semblables.
Le
peintre qui surprend ou dérange par sa persistance ou même sa fixation
dans un sujet ou un style qu’il exploite avec une sorte d’ivresse qui
n’en finit pas de se dire mais toujours dans le perfectionnement
continuel, en voilà un qui devrait retenir notre attention.
C’est
dans cette perspective que nous vous présentons le peintre Serge Brunoni.
Marielle Roussy
La
démarche de Serge Brunoni est d’une totale lucidité. Il pousse toujours
ses couleurs et ses traits à la limite de ses possibilités. Il est
indéniable que cela fait aussi partie de son honnêteté et de sa
simplicité. Il se dit peu enclin à la grande théorie de même qu’à
devenir un parfait technicien. « La vérité de l’Art, s’il y en a une,
ne peut s’approcher que par la spontanéité et l’imagination créatrice,
alliées à une solide modestie. Je veux montrer qui je suis, comment je
suis, à travers une œuvre d’art dont je partagerai le sens avec ses
contemplateurs, une opération que je souhaite bénéfique, dans la mesure
où, chaque fois que nous communiquons avec quelqu’un, c’est pour un
enrichissement mutuel : vieille loi de la solitude !
Ce
Québécois de Lorraine, qui a toujours une valise prête dans la tête,
mais aussi un bonheur familial stable dont il parle tout simplement,
séduit par la chaleur et la transparence du propos, peut-être pas
philosophe au sens pédagogique du terme, mais doté de ce palpable
équilibre et cette sensibilité tout en nuances qui pétrit le gens de
bonheur… en fait le artistes qui laissent habituellement des traces.
Claude
Sauvage
Il est
né en 1938 (le 3 septembre) à Lygny-en-Barois, petite ville frontalière
au pays de la « doulce » France. Il garde de sa jeunesse le souvenir
d’avoir usé mille crayons, l’art l’habite déjà.
Sa
prime jeunesse, c’est la guerre, l’occupation, les privations, les
bouleversements de tous ordres.
Les
difficultés d’après guerre l’obligent, comme bon nombre de ses
camarades, à quitter l’école et dès l’âge de seize ans, il travaille en
usine.
Pour
réaliser ses rêves, pour exalter son besoin d’aventure, il s’engage à
l’âge de vingt ans dans l’infanterie de Marine des troupes coloniales.
L’armée
le comble, il est muté à Fréjus dans le midi de la France, y passe six
mois, puis c’est l’embarquement à Marseille, destination l’Afrique
noire, le Moyen-Congo, Brazzaville.
Le
Lorrain, de réputation, est bon soldat, l’armée a tenu ses promesses,
lui aussi. Il hésite à la quitter, mais son besoin de liberté et
d’aventures le pousse à se faire démobiliser sur le territoire africain.
La Société de travaux et d’études topographiques (S.A.T.E.T.),
constructeur d’un chemin de fer, l’engage.
La
Société l’envoie à mille kilomètres de toute civilisation en pleine
jungle. C’est l’extase et la découverte de l’Afrique profonde, de la
vérité et de la beauté d’un pays et d’un peuple sorti tout droit de
l’Éden.
Découvrir la vie à l’état pur, quelle joie, quel don du ciel. Pendant
un an et demi, il vivra ce qu’il appelle « une vie paradisiaque ».
Après trois ans en Afrique, retour en France pour des congés ; à la
veille d’y retourner, on l’informe que sa société cesse ses activités
dans ce pays.
Après
avoir connu les grands espaces, l’Europe est trop « étriquée » et
Brunoni décide d’émigrer au Canada. Il débarque le 8 août 1963. Il
s’installe à Trois-Rivière où il vit toujours.
En
1967, il épouse Suzette Normandin, jeune et belle Trifluvienne qui lui
donnera deux enfants, Hugues et Nicolas.
C’est
elle, à la Noël de 1969, qui lui offre un coffret de bois contenant
tubes et pinceaux. Il peint son tout premier tableau en 1970 et, en
1972, il se lance totalement dans la peinture. Chaque fois qu’il en a
besoin, il trouve sur son chemin le guides, les conseillers, les
initiateurs qui l’aident à faire une réussite de son nouveau métier.
Serge
Brunoni est un candidat sérieux à la reconnaissance, une valeur sûre sur
le marché de la peinture québécoise et canadienne, de l’avis de tous les
amateurs d’arts qui suivent sa carrière de près, depuis trente ans.
Claude Savage

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